Ref. : 3361-10-uk

 

Painted Enamel on copper « Sainte Barbe » by alfred Serre

 

Origine

Paris, dated 1883

H : 21,9 cm / 8.6 in.
L : 11,5 cm / 4.5 in.
H with frame : 31,9 cm / 12.6 in.
L with frame : 18 cm / 7.1 in.


Description

N° 15

« Sainte Barbe (?) ». Email polychrome sur fond marron poudré et vermiculé à l'or peint sur cuivre. Encadrement en bronze ciselé et doré couronné d'une tête de putto enchâssé dans un cadre en bois gainé de velours marron foncé d'origine. A l'arrière anneau de suspension et un chevalet en bronze doré.

 

Signature

Signé et daté à l'or  par l'émailleur «A. SERRE.1883.» en bas à gauche et «maison F. BARBEDIENNE.» en bas à droite.
Signature gravée : «F. BARBEDIENNE» sur le cadre en bronze ; bas du côté droit.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes

Alfred Serre faisait vibrer les fonds de ses émaux en posant de l'or du bout des doigts, laissant ainsi ses empreintes digitales comme une sorte de signature secrète.

 

 

Dans la technique de l'émail peint la plaque de cuivre est recouverte d'une première couche d'émail de base, en général blanc, et reçoit ensuite diverses couches d'émaux broyés très finement et souvent liés par une huile (œillet, iris... ou jus d'ail) ne laissant aucun résidu après cuisson. De multiples cuissons sont ensuite pratiquées, demandant la maîtrise des températures de fusion des différents émaux sous peine de modifier les couleurs ou de mélanger les différentes couches entrainant alors l'apparition de flous. La dernière opération consiste à appliquer une couche de fondant, qui est un émail transparent cuisant à basse température, pour donner à l'œuvre son aspect uniforme brillant.



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Les colorants utilisés pour les émaux sont des oxydes métalliques tels que cobalt en donnera le bleu; du fer pour le vert bouteille, jaune verdâtre et le rouge; du chrome pour le vert; du cuivre pour le rouge et le vert marin;  du manganèse pour le violet; le stannate d'or (pourpre de Cassius) un rouge très vif... (C. Popelin)

Il est à noter que les peintres-émailleurs du XIXe étaient présentés comme des peintres et non comme des émailleurs. Probablement pour confirmer leur statut d'artiste (peintre) par opposition à celui d'artisan (émailleur) il semblerait que cette distinction n'ait évoluée que vers à la fin du siècle influencé (?) par l'Art Nouveau et son rapport à la nouvelle génération d'artisans d'art. On notera ainsi qu'en 1893 Lucien Falize dans sa très célèbre série d'articles sur la Renaissance des émaux peints parle sans distinction de peintre, d'émailleur et de peintre-émailleur (L. Falize, (1-6)).

 

Biographie

Alfred-Paul-Louis Serre (1837-1906), peintre émailleur parisien, Ecole française.

Il rentre en apprentissage chez le peintre lithographe Eugène Lavasseur (1822-?)  et commence une carrière de dessinateur en bijouterie. C'est à cette époque qu'il fait ses premiers essais d'émail peint. Il est difficile de savoir si c'est à ce moment ou plutôt dans les années 1860 que Serre devint l'élève de Pierre Piot l'émailleur du bijoutier Louis Charlot (en 1868, A. Darcel classe ce dernier parmi les industriels de l'émail avec Dotin, Robillard et Berthon). Quoiqu'il en soit ses premières créations se limitaient à des petites plaquettes « en grisaille » dans le style de Watteau et de Boucher qu'il faisait cuire chez Gagneré et qui étaient ensuite vendues et montées en bijoux dans les ateliers des bijoutiers Rouzé, Franck et Halphen (L. Falize, (5)) et ce n'est qu'en 1869 qu'il débutera au Salon avec deux émaux : numéro 3151 - « portrait de M. Meissonnier » et 3152 - « La Prudence » d'après Raphaël. Au Salon de 1870 il exposera encore deux émaux : même numéro 4085 - « Portrait de Mme G. N... » et « La Bascule » d'après Fragonard.

Nous savons que c'est avant 1872 (M. Bascou) que sur les recommandations du sculpteur Auguste Caïn (1821-1894) il fut engagé par la Maison Barbedienne (L. Falize, (6)) prenant la suite des émailleurs Claudius Popelin (1825-1892) et Alfred-Thomson Gobert (1822-1894) (A. Darcel) qui, de manière discontinue, depuis v.1865 collaboraient avec cette Maison, d'abord, à la préparation de pièces pour l'Exposition Universelle de 1867 et ensuite sur les projets spéciaux (L. Falize, (3)).
Après avoir débuté sa collaboration avec Barbedienne, Serre exposera de nouveau au Salon de 1881 sous le numéro  3423 - « Eve » émail (appartient à M. Barbedienne).

D'un point de vue technique Alfred Serre ne travaillait pas comme ses contemporains Popelin, Meyer ou de Courcy ainsi pour donner à ses camaïeux une peau plus lisse, aux effets plus adoucis il ne posait pas ses blancs à la spatule. Comme autres différences il n'employait pas les paillons et cherchait dans ses œuvres à obtenir de puissants effets de couleurs ( L. Falize, (7))

Alfred Serre recevra ses premières récompenses comme collaborateur en 1873 à l'Exposition Universelle de Vienne et en 1874 à l'Exposition de l'Union Centrale.

Sa collaboration avec la Maison Barbedienne durera jusqu'à la mort de Ferdinand Barbedienne en 1892. Il se consacrera alors à la peinture, l'aquarelle et les émaux. On remarquera encore sa présence au Salon de 1893 et de 1894.

 

Ferdinand Barbedienne (1810-1892) fondeur, fabricant et éditeur.


C’est en 1838 qu’il commença ses activités de fondeur, en association avec Achille Collas (1795-1859), inventeur d’un procédé pour la réduction mathématique de la sculpture. Principal fabricant français de bronzes d’Art du XIXe siècle, BARBEDIENNE réalisa des fontes de sculptures anciennes et modernes ainsi que des bronzes originaux, pour l’ameublement et la décoration, dessinés par ses ateliers.

Sous la raison sociale de la SOCIETE F. BARBEDIENNE et A. COLLAS, leur maison se spécialisa dans les reproductions d’après l’Antique et mit au point de nouveaux procédés chimiques pour colorer et patiner les bronzes. De 1860 jusqu’à sa mort en 1892 Ferdinand Barbedienne présida seul aux destinées de la Maison devenue F. BARBEDIENNE et Cie.


Présente à toutes les grandes Expositions Universelles du XIXe siècle la Maison BARBEDIENNE accumulera les récompenses telles que : 

- Londres, 1851, deux Grandes Médailles (Council Medals),
- Paris, 1855, une Grande Médaille d’Honneur et onze Médailles de Coopérateurs.
- Londres, 1862, trois Médailles pour Excellence.
- Paris, 1867 Hors Concours.
- Vienne, 1873, deux Diplômes d’Honneur, la Médaille du Progrès et 25 Médailles de Collaborateurs.
- Paris, 1878, Grand Prix, Grande Médaille d’Or, Diplôme d’Honneur et 28 Médailles de Collaborateurs
- Amsterdam, 1883, Diplôme d'Honneur
- Anvers, 1885, Diplôme d'Honneur
- Paris, 1889, Grand Prix et 25 Médailles de Collaborateurs...

 

Les succès rencontrés par la Maison BARBEDIENNE dans les Expositions Internationales lui valurent de nombreuses commandes officielles, tels que : la fourniture entre 1850 et 1854 du mobilier de style Renaissance de l’Hôtel de Ville de Paris, celle après 1855 des bronzes d’ameublement de la Maison Pompéienne du Prince Jérôme Napoléon avenue Montaigne ainsi que la fourniture de nombreux bronzes d'Art et d'ameublement aux différentes résidences impériales, dont quatre girandoles de style Louis XVI en bronze doré, livrées à Compiègne en 1863...

 

Bibliographie

Revues :
Bascou, (M.), « Nouvelles acquisitions, Maison F. Barbedienne, Fernand Thesmar », dans 48/14, La revue du Musée d'Orsay, n° 13, Paris, 2001, p. 29
Collectif, « Forbes 400 », dans Forbes Magazine, 12 octobre 1998, p. 368
Darcel, (A.), « L'émaillerie moderne », dans La Gazette des Beaux-Arts, T. XXIV, Paris, 1868, p. 75
Falize, (L.), (1),  « Claudius Popelin et la Renaissance des émaux peints, premier article », dans La Gazette des Beaux-Arts, T. IX, Paris, 1893, p. 148
Falize, (L.), (2), « Claudius Popelin et la Renaissance des émaux peints, deuxième article », dans La Gazette des Beaux-Arts, T. IX, Paris, 1893 p. 502
Falize, (L.), (3),  « Claudius Popelin et la Renaissance des émaux peints, troisième article », dans La Gazette des Beaux-Arts, T. X, Paris, 1893, p. 60
Falize, (L.), (4), « Claudius Popelin et la Renaissance des émaux peints, quatrième article », dans La Gazette des Beaux-Arts, T. X, Paris, 1893, p. 427
Falize, (L.), (5), « Claudius Popelin et la Renaissance des émaux peints, cinquième article », dans La Gazette des Beaux-Arts, T. X, Paris, 1893, p. 479
Falize, (L.), (6), « Claudius Popelin et la Renaissance des émaux peints », dans La Gazette des Beaux-Arts, T. XI, Paris, 1894, p. 130
Falize Fils, (L.), (7), « Les Industries d'Art au Champ de Mars, II Les bronzes », dans L'Art Moderne à l'Exposition de 1878, Publication de la Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1879, pp. 361, 362,363, 364 et 370
Luchet, (A.), « Courrier de L'Exposition Internationale. M. Barbedienne », dans Le Monde Illustré, t. XI, Paris, 1862, pp. 92-94
Massé, (P.), « Ferdinand Barbedienne et Alfred Serre, Un chef-d'Oeuvre exhumé à l'Hôtel de Ville de Paris», dans Sèvres, Revue de la Société des amis du Musée National de Céramique, pp. 94 à 106
Metman, (B.), « La Petite Sculpture au XIXe siècle », dans Archives de l'Art Français, t. XXX, Paris, 1989, pp. 175 à 177
Rionnet, (F.), « Barbedienne ou la fortune de la sculpture au XIXe siècle » dans Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, Paris, Année 2001, pp. 301-323

Catalogues d'Exposition :
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivants, exposées au Palais des Champs-Elysées le 1er mai 1869, , Paris, 1869, p. 439, notices 3151 et 3252 
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivants, exposées au Palais des Champs-Elysées le 1er mai 1870, Paris, 1870, p. 539, notice 4085
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivants, exposées au Palais des Champs-Elysées le 2 mai 1881, Paris, 1881, p. 318, notice 3423

Monographie imprimée :
Popelin, (C.), L'art de l'émail : leçon faite à l'Union centrale des beaux-arts, le 6 mars 1868, Paris, 1868

Livres :
Alcouffe, (D.), Bascou, (M.), Dion-Tanenbaum, (A.), Thiébaut, (P.), Le Arti Decorative Alle Grandi Esposizioni Universali, 1851-1900, Milano, 1988, p. 215, fig. 314
Bellier de la Chavignerie, (E.), Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes, T. II, Paris, 1882-1885, pp. 495
Benezit, (E.), Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, T. IX, Paris, 1976, p. 536
Croffut, (A.), The Vanderbilt and Their Fortune, New York, 1886, p. 163