Ref. : 3480-10

 

Cabinet de Présentation Japonisant.
Gabriel Viardot (1830-1904)

 

Origine

France, Paris vers 1880

H : 177,5 cm / 69.9 in.
: 110 cm / 43.3 in.
P : 48,5 cm / 19.1 in.

 

Description

N°42
Cabinet de Présentation Japonisant en forme de padode en érable sycomore et bois exotiques. Décor en bois sculpté et orné de trois panneaux Japonais (Chine?) à décor  de fleurs et de personnage en bois exotique, nacre et os. Quatre tiroirs sculptés s'ouvrent en façade. Ornementation de motifs "Japonais" en bronzes argentés et dorés.

Signature

Gabriel-Frédéric Viardot (1830-1904) ébéniste français, attribué à,  probablement réalisé pour le compte de la Maison l’Escalier de Cristal à Paris.
Ce modèle est une variation de modèles répertoriés de G. Viardot.

 

 

 

 

 

 

 

Notes

Ce modèle est une très élégante variation de modèles répertoriés de Gabriel Viardot.

En France, Gabriel Viardot est avec Édouard Lièvre (1829-1886) et Émile Reiber (1826-1893), la maison l'Escalier de Cristal ou la maison Alphonse Giroux  un des grands illustrateurs du Japonisme.

Plusieurs de ses créations se trouvent dans les grands Musées et les grandes Collections. Nous ne citerons pour mémoire que le Cabinet du Victoria & Albert Museum de Londres (Inv. W. 17.1-1971), la Vitrine, la Table à Thé et le Miroir sur chevalet du Musée d'Orsay (Inv. OAO 1652, 1653 et 1755) et l'Étagère-Cabinet du Corning Museum of Glass, Corning-New York (Inv. 79.3.77) ...

Il est à noter que Viardot dessinait personnellement tous les modèles des bronzes qui ornaient ses créations et ses modèles étaient créés avec l'aide du dessinateur-ornemaniste Gustave Mayer (ED. Didron).

La célèbre maison de luxe parisienne l'Escalier de Cristal lui demanda l'exclusivité de six modèles d'ébénisterie : trois étagères, un cabinet à deux corps et deux supports, s'occupant quant à elle d'en assurer l'ornementation pour les personnaliser (P. Thiébaut).

 



En savoir plus ...

A partir des années 1860 le Japon rétablit ses relations diplomatiques et commerciales, interrompues depuis le milieu du XVIIe siècle, avec l'Occident. La curiosité pour ce monde inconnu va se cristalliser en 1867 lors de la première participation officielle du Japon à une Exposition Universelle. A cette occasion plus de 150 lots seront acquis par le South Kensington Museum de Londres (actuel Victoria & Albert Museum).
Ce succès se confirmera lors de l'Exposition Universelle de 1873 à Vienne. Tous les grands musées d'arts décoratifs tels le Musée des Arts Décoratifs de Paris ou celui de Vienne... vont alors acheter des d'œuvres japonaises pour leurs collections permettant ainsi la diffusion de cet Art si singulier et l'émergence d'un style nouveau : le Japonisme.

 

Biographie

Gabriel-Frédéric Viardot (1830-1904) ébéniste français.

Gabriel Viardot débute sa carrière en 1849 comme sculpteur sur bois. En 1853, il est à la tête d'une fabrique et d'un magasin de meuble situés aux 36 et 38 rue Rambuteau. À cette époque, il travaille avec son frère, Louis-Gustave, sous le nom de « Viardot Frères et Cie » qui exposa ses créations, entre autre, lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1855.

En1860, il créé son propre atelier au 5 rue du Grand-Chantier et prend la direction de l’affaire familiale qu’il gardera jusqu’en 1872.

En 1884, la Maison Viardot comprendra plus d'une centaine de collaborateurs ébénistes ou sculpteurs, presque tous étant ses élèves et formés par lui, « comme, d'ailleurs, le sont aussi ses anciens contremaîtres et ses dessinateurs » (ED. Didron). Les meubles de Viardot étaient tous exécutés dans ses ateliers « sous son inspiration directe », « sauf certains panneaux incrustés et laqués, de provenance chinoise ou japonaise » (ED. Didron). Il est considéré comme le premier à s'être lancé dans la production de meubles de genre chinois et japonais (P. Thiébaut). Son style inventif de grande qualité adapte les formes exotiques au goût européen et n'hésite pas à créer des formes nouvelles qu'il orne d'incrustations de nacre, d'ivoire et de bronzes...

Réputé pour la qualité et le raffinement de ses réalisations, Viardot fournira principalement une clientèle d'esthètes et de collectionneurs issus du monde des Arts tels que le peintre Claude Monet ou le musicien Claude Debussy, de la Finance et de la Haute Administration. Ainsi il créera un célèbre bureau en « U » pour le Président de la République Georges Clemenceau (1841-1929) à qui il avait été présenté par la grande collectionneuse d'Art d'Extrême-Orient, Clémence d'Ennery (épouse d'Adolphe d'Ennery, auteur et rival des frères Goncourt) pour qui Il imaginera et fabriquera la plupart du mobilier de sa demeure de l'avenue du Bois, actuelle avenue Foch, à Paris.
En 1906 la maison et les Collections de Mme d'Ennery furent léguées au Musée Guimet et constituent aujourd'hui un nouveau Musée : le Musée d'Ennery.

Viardot participa à de nombreuses Expositions telles que :

   - 1855, Exposition Universelle de Paris  (Médaille de Bronze comme sculpteur sur bois)
   - 1867, Exposition Universelle de Paris (4 Médailles)
   - 1878, Exposition Universelle de Paris (Médaille d'Argent)
   - 1885, Exposition Universelle d'Anvers (Médaille d'Or)
   - 1889, Exposition Universelle de Paris (Médaille d'Or)
   - 1900, Exposition Universelle de Paris (Médaille d'Or)

 

Bibliographie

Revues :
Corty, (A.), « Les monstres chéris de Clémence d'Ennery », dans Connaissance des Arts, n° 712, Paris 2013, pp. 54-59.
Didron, (E.-D.), « Rapport du deuxième groupe : le Bois », dans Revue des Arts Décoratifs, t. IX, Paris, 1884-1885, pp. 163 et p. 165.
Havard, (H.), « Les Industries d'art à l'Exposition, L'Ameublement », dans la Gazette des Beaux-arts, t. II, Paris, 1889/07-1889/12, pp. 188.
Nevejan, (G.), « Le musée d'Ennery : l'oeuvre d'une femme », dans la Gazette de l'Hôtel Drouot, n°10, Paris, 2013, pp. 252-253.
Thiébaut (P.), « Contribution à une histoire du mobilier japonisant : les créations de l'Escalier de Cristal », dans Revue de l'Art, Paris, n° 85, 1989, pp. 76 à 83.

Catalogues :
Collectif, Visite à l'Exposition Universelle de Paris, en 1855 : contenant l'énumération des objets sur lesquels doit se porter principalement l'attention des visiteurs... etc. (Nouvelle édition), Paris, 1855, Classe XXIV, p. 711.
Catalogue officiel de l'exposition universelle de 1878, t. II, Paris, 1878, Groupe III, classe 17, p. 140, n° 114.
Catalogue général officiel de l'exposition universelle de 1889, vol. III, Paris, 1889, Groupe III, classe 17, p.1 n° 10, n° 161.

Livres :
Collectif, Art & Design in Europe and America 1800-1900, The Victoria and Albert Museum, E.P. Dutton, New York, London, 1987, pp. 134-135, fig. 135.
Gaillard, (E.), Walter, (M.), Un Certain Goût pour l'Orient, XVIIIe et XIXe siècles, Paris, 2010, pp. 102-115, fig. p. 108, 110 et 111.
Lambourne, (L.), Japonisme, Echanges culturels entre le Japon et l'Occident, Paris, 2007, pp. 98-99, fig. 99.
Ledoux-Lebard, (D.), Le Mobilier Français du XIXe siècle, 1795-1889, Paris, 1984 et 1989, pp. 614 Messtdagh, (C.), L'Ameublement d'art français , 1850-1900, Paris, 2010, pp. 148 et 170
Meyer, (J.), Great Exhibitions, London-New York-Paris-Philadephia, 1851-1900, Woolbridge-UK, 2006, pp. 283, fig. H42, 301, 320, fig. J84.
Wichmann, (S.), Japonisme, Paris, 1982.