Ref. : 3625-10

 

 

Vase Art Deco « Patou ».
Henri Lasserre d'après Henri Patou - Manufacture de Sèvres

 

 

Origine

France, Sèvres, daté 1923

H : 22,5 cm / 8.9 in.
Ø : 20,5 cm / 8.1 in.

 

Description

N° 107

Vase en porcelaine pâte dure nouvelle (DN). Décor Art Déco peint à la main en 1923 par Henri Lasserre d'une Huppe, de fleurs stylisées bleues et de grandes feuilles marrons sur un fond blanc avec des effets de matière  oranges d'après un projet de d'Henri Patou.

Henri Patou, ancien élève de Félix Aubert, auteur de formes et de décors à Sèvres entre 1922 et 1942.

Henri-Joseph Lasserre (1870-1932). Décorateur à la Manufacture de Sèvres de 1883 à 1930.
En 1883 il commence comme élève décorateur puis exercera de 1896 à 1920 comme décorateur et de 1920 à 1930 comme artiste peintre. Parallèlement, il devint Instructeur à l'École de céramique à partir de 1915.

Forme créée par Félix Aubert pour la Manufacture de Sèvres.

 

Signature

Marque de fabrique : « S / 1923 / DN » (en noir) sous couverte dans un cartouche rectangulaire.
Marque de décoration : marque triangulaire : « R. F. / Manufacture Nationale / décoré à Sèvres / 1923 » (en noir) dans un cartouche sur couverte.
Marques : « [?] / 7 / PN » en creux sous couverte.
Signature monogramme du peintre-décorateur : « HL . d'après Mr.  H. PATOU. »  en bleu.



 

 

 

 

 

 

 

 

Notes


Ce Vase élégant est très représentatif de la Renaissance des formes et de l'ornement à Sèvres entre 1918 et 1939. Durant cette période de nouvelles formes sont créées et les décors retrouvent leur force et leur créativité grâce à de nombreux artistes tels que Henri Patou, Louis Süe, Anne-Marie Fontaine, Jean Mayodon, Joseph Guardiola, Charles Fritz, André Naudy ou Germaine Jouenne... qui exprimèrent, de manière très libre, chacun leur style et leur personnalité.

 

Biographie

Manufacture Nationale de Sèvres (1740 à nos jours)

En 1740, une manufacture de porcelaine est fondée à Vincennes grâce au soutien de Louis XV et de Madame de Pompadour. En 1756, la manufacture est transférée à Sèvres, près de Paris, dans un bâtiment construit à l'initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue. En 1759 la Manufacture est rattachée à la Couronne.

 
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Si la première partie du XIXème siècle est dominée par un administrateur, Alexandre Brongniart (1770 - 1847), qui occupera les fonctions de directeur de la Manufacture de 1800 à sa mort, la seconde moitié sera plus confuse et verra se succéder les directeurs ; Elbemen (1847 à 1852), Victor Regnault (1852 à 1871),  Louis Robert (1871 à 1879), puis Charles Laught qui sera acculé à la démission en 1887 et remplacé par le célèbre Théodore Deck qui occupera cette fonction jusqu'à sa mort prématurée en 1891.
Après cette date la Manufacture changera d'optique et préfèrera alors nommer un administrateur, en la personne d'Emile Baumgart secondé par un directeur technique et un directeur des travaux d'art.

 La vrai révolution esthétique s'effectuera sous la conduite d'Alexandre Sandier, nommé directeur des travaux d'art en 1897, qui va dessiner un ensemble complet de formes nouvelles où les surfaces lisses côtoient les reliefs naturalistes mis à la mode par l'Art Nouveau. La figuration va céder la place aux végétaux et aux animaux placés sur les oeuvres de manière créer galbes et formes. En 1900, la Manufacture, renouvelée, se distingue à l'Exposition Universelle de Paris par une présentation de pièces relevant exclusivement de l'esthétique Art Nouveau et renoue avec le succès.

D’un point de vue technique la deuxième partie du XIXème siècle sera aussi marquée par toute une série d’innovations tels le coulage dans une cloche sous vide évitant ainsi les déformations, la cuisson à la houille, l’adoption de toute une nouvelle série de couleurs et bien sûr de toutes nouvelles pâtes telle la pâte dure nouvelle ou pâte Vogt-Lauth. Cette pâte cuisant à 1280°C permettant, par cette faible température (la pâte dure «classique» cuisant à 1410°C), à la fois une gamme de couleurs nouvelles dites de demi-grand feu, se fondant mieux dans la couverte et mieux adaptés aux nouveaux décors tels que les cristallisations (oxyde de zinc), le rouge à base de cuivre, les flammés...

 

La Manufacture de Sèvres participa à de nombreuses expositions dont les plus importantes sont :


L'Exposition Universelle de 1851 et de 1862 à Londres

L'Exposition Universelle de 1855 et de 1867 à Paris

L'Exposition Universelle de 1871 et 1872 à Londres

L'Exposition Universelle de 1873 à Vienne

L'Exposition Universelle de 1876 à Philadelphie

L'Exposition Universelle de 1878, 1889 et 1900 à Paris

L'Exposition Universelle de 1903 et 1911 à Turin

L'Exposition Universelle de 1913 à Gand...

 

Bibliographie

Revues :
Albis, (A. d'.), « Différences entre pâte dure et pâte tendre, grès et faïence », dans Sèvres, revue de la société des amis du musée national de céramique, 2011, n°20, pp. 21 à 34.
De Liesville, (A.-R.), « Les Industries d'Art au Champ de Mars, IV La Céramique Moderne », dans L'Art Moderne à l'Exposition de 1878, Publication de la Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1879, pp. 415-417.
Laurin, (I.), « L'Atelier de faïence de la manufacture de Sèvres », dans Sèvres, revue de la société des amis du musée national de céramique, 2004, n°13, pp. 89 à 102.
Laurin, (I.), « L'Art déco à Sèvres : retour à une porcelaine tendre siliceuse », dans Sèvres, revue de la société des amis du musée national de céramique, 2005, n°14, pp. 82 à 92.
Laurin, (I.), « Sèvres, années 30 », dans Sèvres, revue de la société des amis du musée national de céramique, 2008, n°17, pp. 147 à 153.

Catalogues d'Exposition :
The Art Journal Illustrated Catalogue : The Industry of All Nation 1851, Londres, 1851, fig. pp. 169-172
The Illustrated catalogue of the Exhibition of Art-Industry in Dublin 1853, published with the Art Journal, Londres, 1853.
The Illustrated Catalogue of the Universal Exhibition 1862 published with the Art Journal, Londres, 1867-1868, fig. pp. 211 et 248 The Illustrated Catalogue of the Universal Exhibition 1867 published with the Art Journal, Londres, 1867-1868, fig. pp. 53, 163, 214 et 223.

Livres :
Alcouffe, (D.), Bascou, (M.), Dion-Tanenbaum, (A.), Thiébaut, (P.), Le Arti Decorative Alle Grandi Esposizioni Universali, 1851-1900, Ed. Idealibri, Milano, 1988.
Blondel, (N.), Préaud, (T.), La manufacture nationale de Sèvres, Parcours du blanc à l’or, Sèvres, 1996
Brunet, (M.), Préaud, (T.), Sèvres, des origines à nos jours, Ed. Office du Livre, Fribourg-Suisse, 1978.
Collectif, Manufacture nationale de Sèvres, Années folles et Art déco, le renouveau, Collection "Sèvres, une histoire céramique", Ed. Courtes et Longues, 2007.
Collectif, Manufacture nationale de Sèvres, Années 50 et Art déco, l'effet céramique, Collection "Sèvres, une histoire céramique", Ed. courtes et longues, 2006.
D’Albis, (A.), Traité de la porcelaine de Sèvres, Ed. Faton, Dijon, 2003.
Faÿ-Hallé, (A.), Rocchisani, (C.), Trouvet, (C.), Les Vases de Sèvres, XVIIIe - XXIe siècles, éloge de la virtuosité, Ed. Faton, Dijon, 2014.
Havard, (H.), Les Arts de l’ameublement, La Céramique (Histoire), Villefranche-de-Rouergue, XIXème siècle.
Midant, (J.-P.), Sèvres, La Manufacture au XXème siècle, Michel Aveline éditeur, Paris, 1992.
Vogt, (G.), La Porcelaine, Librairies-Imprimeries Réunies, Paris, 1893.