Ref. : 3577-10

 

 

Dindons, 1922.
NUMATA Ichiga (1873 -1954) - Manufacture de Sèvres

 

 

Origine

France, Sèvres, vers 1930

H : 15,5 cm / 21.1 in.
L : 13 cm / 8.3 in.
P : +/- 14,5 cm / +/- 6.3 in.

 

Description

N° 33

« Dindon à Tête Blanche ». Statuette en porcelaine émaillée. Les pattes jaunes reposant sur une base grise.

«Dindon à Tête Corail». Statuette en biscuit de porcelaine émaillé. les pattes jaunes reposant sur une base bistre.

Numata Ichiga , sculpteur à la Manufacture de Sèvres de 1904-1927.

Signature

Marque de fabrique : marque dite « à la rose »  avec inscrit : « S / Sèvres / Manufacture Nationale / France » avec la lettre-date « d » (pour 1931) sous couverte pour le dindon en porcelaine.
Marque de fabrique : marque dite « à la rose »  avec inscrit : « S / Sèvres / Manufacture Nationale / France » avec la lettre-date « [?] » et marque : « SEVRES » pour le dindon en biscuit émaillé.
Signature du sculpteur Numata Ichiga en japonais en creux à l'arrière de la base.

 

 

 

 

 

 

 


 

Notes


NUMATA Ichiga (1873-1954) débute son apprentissage à l'école de Beaux Arts de Tokyo, où il se spécialise dans les représentations zoomorphes réalistes.
Il vient étudier comme stagiaire à la Manufacture de Sèvres. Son but est d’adapter les procédés de Sèvres à une iconographie plus japonaise.
C'est auprès d'Auguste Rodin, chez qui Numata travaille de 1905 à 1906, qu'il se perfectionne dans le modelage de la terre, avant de retourner au Japon, où il jouera un rôle fondamental dans le renouveau de la sculpture et de la céramique.

Biographie

Manufacture Nationale de Sèvres (1740 à nos jours)

En 1740, une manufacture de porcelaine est fondée à Vincennes grâce au soutien de Louis XV et de Madame de Pompadour. En 1756, la manufacture est transférée à Sèvres, près de Paris, dans un bâtiment construit à l'initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue. En 1759 la Manufacture est rattachée à la Couronne.

 
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Si la première partie du XIXème siècle est dominée par un administrateur, Alexandre Brongniart (1770 - 1847), qui occupera les fonctions de directeur de la Manufacture de 1800 à sa mort, la seconde moitié sera plus confuse et verra se succéder les directeurs ; Elbemen (1847 à 1852), Victor Regnault (1852 à 1871),  Louis Robert (1871 à 1879), puis Charles Laught qui sera acculé à la démission en 1887 et remplacé par le célèbre Théodore Deck qui occupera cette fonction jusqu'à sa mort prématurée en 1891.
Après cette date la Manufacture changera d'optique et préfèrera alors nommer un administrateur, en la personne d'Emile Baumgart secondé par un directeur technique et un directeur des travaux d'art.

 La vrai révolution esthétique s'effectuera sous la conduite d'Alexandre Sandier, nommé directeur des travaux d'art en 1897, qui va dessiner un ensemble complet de formes nouvelles où les surfaces lisses côtoient les reliefs naturalistes mis à la mode par l'Art Nouveau. La figuration va céder la place aux végétaux et aux animaux placés sur les oeuvres de manière créer galbes et formes. En 1900, la Manufacture, renouvelée, se distingue à l'Exposition Universelle de Paris par une présentation de pièces relevant exclusivement de l'esthétique Art Nouveau et renoue avec le succès.

D’un point de vue technique la deuxième partie du XIXème siècle sera aussi marquée par toute une série d’innovations tels le coulage dans une cloche sous vide évitant ainsi les déformations, la cuisson à la houille, l’adoption de toute une nouvelle série de couleurs et bien sûr de toutes nouvelles pâtes telle la pâte dure nouvelle ou pâte Vogt-Lauth. Cette pâte cuisant à 1280°C permettant, par cette faible température (la pâte dure «classique» cuisant à 1410°C), à la fois une gamme de couleurs nouvelles dites de demi-grand feu, se fondant mieux dans la couverte et mieux adaptés aux nouveaux décors tels que les cristallisations (oxyde de zinc), le rouge à base de cuivre, les flammés...

 

La Manufacture de Sèvres participa à de nombreuses expositions dont les plus importantes sont :


L'Exposition Universelle de 1851 et de 1862 à Londres

L'Exposition Universelle de 1855 et de 1867 à Paris

L'Exposition Universelle de 1871 et 1872 à Londres

L'Exposition Universelle de 1873 à Vienne

L'Exposition Universelle de 1876 à Philadelphie

L'Exposition Universelle de 1878, 1889 et 1900 à Paris

L'Exposition Universelle de 1903 et 1911 à Turin

L'Exposition Universelle de 1913 à Gand...

 

Bibliographie

Revues :
Albis, (A. d'.), « Différences entre pâte dure et pâte tendre, grès et faïence », dans Sèvres, revue de la société des amis du musée national de céramique, 2011, n°20, p. 21 à 34.
De Liesville, (A.-R.), « Les Industries d'Art au Champ de Mars, IV La Céramique Moderne », dans L'Art Moderne à l'Exposition de 1878, Publication de la Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1879, p. 415-417.
Laurin, (I.), « L'Atelier de faïence de la manufacture de Sèvres », dans Sèvres, revue de la société des amis du musée national de céramique, 2004, n°13, p. 89 à 102.
Laurin, (I.), « L'Art déco à Sèvres : retour à une porcelaine tendre siliceuse », dans Sèvres, revue de la société des amis du musée national de céramique, 2005, n°14, pp. 82 à 92.
Laurin, (I.), « Sèvres, années 30 », dans Sèvres, revue de la société des amis du musée national de céramique, 2008, n°17, p. 147 à 153.

Catalogues d'Exposition :
The Art Journal Illustrated Catalogue : The Industry of All Nation 1851, Londres, 1851, fig. pp. 169-172
The Illustrated catalogue of the Exhibition of Art-Industry in Dublin 1853, published with the Art Journal, Londres, 1853.
The Illustrated Catalogue of the Universal Exhibition 1862 published with the Art Journal, Londres, 1867-1868, fig. p. 211 et 248
The Illustrated Catalogue of the Universal Exhibition 1867 published with the Art Journal, Londres, 1867-1868, fig. p. 53, 163, 214 et 223.

Livres :
Alcouffe, (D.), Bascou, (M.), Dion-Tanenbaum, (A.), Thiébaut, (P.), Le Arti Decorative Alle Grandi Esposizioni Universali, 1851-1900, Ed. Idealibri, Milano, 1988.
Blondel, (N.), Préaud, (T.), La manufacture nationale de Sèvres, Parcours du blanc à l’or, Sèvres, 1996
Brunet, (M.), Préaud, (T.), Sèvres, des origines à nos jours, Ed. Office du Livre, Fribourg-Suisse, 1978.
Collectif, Manufacture nationale de Sèvres, Années folles et Art déco, le renouveau, Collection "Sèvres, une histoire céramique", Ed. Courtes et Longues, 2007.
Collectif, Manufacture nationale de Sèvres, Années 50 et Art déco, l'effet céramique, Collection "Sèvres, une histoire céramique", Ed. courtes et longues, 2006.
D’Albis, (A.), Traité de la porcelaine de Sèvres, Ed. Faton, Dijon, 2003.
Ducrot, (B.), Manufacture nationale de Sèvres, Second Empire & IIIe République, De l’audace à la jubilation, Editions Courtes et Longues, 2008.
Faÿ-Hallé, (A.), Mundt, (B.), La porcelaine européenne au XIXe siècle, Ed. Office du Livre, Fribourg-Suisse, 1983.
Faÿ-Hallé, (A.), Rocchisani, (C.), Trouvet, (C.), Les Vases de Sèvres, XVIIIe - XXIe siècles, éloge de la virtuosité, Ed. Faton, Dijon, 2014.
Havard, (H.), Les Arts de l’ameublement, La Céramique (Histoire), Villefranche-de-Rouergue, XIXème siècle.
Midant, (J.-P.), Sèvres, La Manufacture au XXème siècle, Michel Aveline éditeur, Paris, 1992.
Vogt, (G.), La Porcelaine, Librairies-Imprimeries Réunies, Paris, 1893.